Nous voilà fin prêts! Il est temps de quitter le Brésil et de découvrir la Bolivie. Un petit dej' avalé et un petit temps passé à profiter des joies d'Internet comme nous avons entendu dire que la Bolivie ne détenait pas les records de connexion et nous partons, sacs sur le dos à la conquête de ce nouveau pays.

Direction la gare routière car les blogs diffèrent et nous ne savons pas trop si nous devons y passer pour y remplir quelques formalités de départ. Un petit tour par le point information touriste répondra à nos questions et c'est donc bien à la frontière que tout se règle...

La gentille dame nous explique ensuite en espagnol où et quel bus nous devons prendre mais manque de chance le chauffeur du 1er bus qui passe nous dit que ce n'est pas ici et nous explique cette fois en portugais où le bon arrêt se trouve. Malheureusement nous ne sommes pas sûrs d'avoir compris et décidons alors de tenter notre chance auprès des taxis! Nous apprenons alors que la course est de 40 reaïs mais nous n'avons que 30 en poche. Heureusement, alors que nous nous éloignons, un chauffeur nous dit qu'il est d'accord de nous emmener pour nos derniers billets... On monte dans la voiture, c'est parti! Bolivie nous voilà!

Les formalités de sortie du territoire brésilien se font vite, quelques dizaines de mètres à faire et nous arrivons au poste Bolivien.

04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!
04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!

Il ne nous faudra que peu de temps pour se rendre compte que nous passons dans un nouveau pays...et nous ne rapporterons de cette journée que très peu de photos. L'intérêt de cette ville-frontière qu'est Puerto Quijarro étant complètement réduit à néant.

Le chaos est visible dès le poste frontière.

Nous prenons place au bout de cette ligne d'une centaine de personnes, la même pour les entrants et les sortants. Nous y retrouvons les hollandais croisés la veille à la sortie du Pantanal qui nous disent être là depuis depuis 3 heures, dans cette file qui n'avance que trop peu. Nous sommes contents d'arriver à cette heure tardive, 11h, car 3 heures plus tôt la queue était deux fois plus longue.

Nous comprendrons assez vite le problème... Les rapports israélo-boliviens... Une israélienne justement nous expliquera que les relations entre les deux pays ne sont pas au beau fixe, que pour eux, une paperasse énorme est à fournir et qu'en général, une demie-heure au desk leur est nécessaire et que parfois ils doivent réessayer plusieurs jours avant de pouvoir enfin entrer dans le pays.

Pourtant ils sont nombreux dans la file et nous avons du mal à comprendre alors pourquoi garder cette destination à leurs voyages... Sa réponse sera claire: "On ne les aime pas, ils ne nous aiment pas mais ils ont un magnifique pays"...

Nous aurons la vérification de cette mésentente une vingtaine de minutes plus tard quand un officier sortira des bureaux pour demander à tous les israéliens de sortir de la queue en disant qu'aujourd'hui, il leur sera impossible de passer la frontière! En effet, les relations semblent tendues et nous en avons presque payé les conséquences... Alors que tous les "non desirés" s'éloignent, l'officier nous montre du doigt en nous répétant que les israéliens ne sont plus les bienvenus aujourd'hui! Nous levons alors nos passeports et lâchons en cœur: "somos Frances". À ce moment, nous sommes heureux d'être français car nous devons l'avouer, pour nous, les passages de pays en pays sont assez simples! Un passeport uniquement nous est nécessaire la plupart du temps.

Cette longue attente nous laisse le temps d'observer une gestion anarchique et désordonnée par les autorités locales.

Les gens s'impatientent dans cette queue qui avance trop lentement. Non loin de nous, la rangée de femmes assises, calculettes et liasses en main, attisent inlassablement: "Cambio, Cambio!". Le groupe d'israéliens fait des allers-retours incessants entre leurs tas de sacs et l'officier avec lequel ils essaient par tous les moyens de trouver une solution. Un homme en uniforme pointe le bout de ses insignes de temps à autre pour essayer de remettre de l'ordre dans la file...

Enfin, nous atteignons les parois du bureau. Ce qui nous permettra une nouvelle fois de constater quelques incohérences.

Dehors, une longue et unique file d'attente; à l'intérieur, trois bureaux dédiés chacun à des zones précises du globe. Celui consacré à la Bolivie et au Mercosur ne désempli pas, le deuxième en charge du reste de l'Amérique du sud et centrale connaît aussi une activité continue mais quelle surprise de s'apercevoir que le 3ème, dédié lui au reste du monde demeure vide la plupart du temps et que cette agent, sosie bolivienne de Christine Boutin, est plantée sur sa chaise à ne rien faire, attendant les prochains gringos...

Vincent tente alors une approche auprès de l'officier en lui demandant gentiment si, peut être, il pourrait être possible que les personnes affiliées au poste 3, aillent occuper cette dame en manque de travail. Mais la réponse sera brève et rédhibitoire: "la fila es alla" sur un ton militaire en montrant du doigt la queue dans laquelle nous patientons déjà depuis plus d'une heure et demie.

Nous entrons enfin dans le bâtiment mais là encore patience car ici aussi un peu d'attente s'impose, cette fois assis sur cette rangée de 8 chaises.

Attention, il ne faut pas oublier de déplacer son fessier sur le siège de droite dès que le number 1 se dirige vers les desks et de bien garder l'ordre sinon un employé viendra "militairement" vous rappeler que vous avez manqué à votre devoir...

Encore quelques longues minutes de patience, le temps que "Christine" parte en pause déjeuner après cette matinée exténuante et passe le relais à une demoiselle qui paraît quand même plus sympathique.

C'est notre tour!!! Un œil au passeport, un coup de tampon, même un sourire et nous voilà enfin libre de droit d'entrer en pays bolivien!

Nous sortons des bureaux et prenons quelques minutes pour célébrer "notre victoire" durement acquise avant de se lancer dans les prochaines aventures car nous ne savons pas vraiment pourquoi mais nous sentons que ce n'était que le début...

Prochaine étape: se rendre à la station de bus. Pour cela il faut prendre un taxi et pour l'instant pas un Bolivians en poche... Bien évidemment nous ne verrons pas un ATM à l'horizon.

Il n'y a plus qu'à discuter avec un chauffeur qui puisse nous arrêter à un distributeur.

Après la longue épreuve de la frontière, il faut croire que nous sommes devenus des proies faciles car nous acceptons un montant qui paraît pourtant un peu excessif mais il faut dire que nous ne savons pas exactement à combien de kilomètres se trouve la station. Il semblerait qu'elle soit à Puerto Suarez.

Nous serons de bons pigeons car ce taxi à la carrosserie trouée qui nous permet de voir la route défilée sous nos pieds ne nous emmènera pas à la station de Puerto Suarez mais bien celle de Puerto Quijarro où nous nous trouvons déjà...

De quoi dévaluer encore un peu plus ce pays qui pour l'instant nous paraît bien hostile...

Bref, nous sommes au terminal et il nous faut maintenant trouver le bus qui nous emmènera à San José de Chiquitos!!! Et là, ça reprend... A peine le pied posé sur la terre battue de la station que les rabatteurs nous sautent dessus, chacun nous vantant les mérites de son bus, de ses "avantages" et de ses prix "imbattables".

Mais tout ce dont on a besoin là tout de suite, c'est qu'on nous foute la paix cinq minutes, qu'on puisse boire un verre et souffler après cette matinée éreintante!

Après cette pause bien méritée, nous nous engageons sous le hall de la station, bien décidés à ne pas se laisser alpaguer et de prendre le temps de choisir nous même la compagnie qui nous conviendra.

Mais il faut dire que certains ont des techniques bien plus rodées qu'on pense... Et ce n'est pas un rabatteur qui aura notre attention mais une touriste qui viendra nous voir en nous conseillant telle compagnie, que c'est la moins chère qu'elle ait trouvé...alors on se laissera embobiner... Oui embobiner est bien le terme parce que nous ne sommes pas certains mais serions prêts à parier que pour cette belle prise, un discount sur son propre billet à dû être consenti mais bon, de notre côté, il nous faudra marchander notre prix avant d'accepter car on a beau faire que la moitié du trajet et s'arrêter à San José de Chiquitos et non Santa Cruz, l'homme voulait nous faire payer plein tarif...

Le deal est validé, nous n'avons plus qu'à laisser nos sacs et découvrir la "jolie petite ville" de Puerto Quijarro, car évidemment, tout est bien ficelé et tous les bus ne partent qu'à partir de 18h... De quoi obliger le touriste à dépenser quelques économies dans la bourgade qui n'a que ça pour vivre! Pour exemple, le seul endroit trouvé où avoir accès au wifi est un hôtel qui propose les abords de sa piscine pour US$10 l'accès. Pas question! Nous passerons donc la journée sans wifi!!!

Dans le terminal, nous retombons sur Ruth, allemande que nous avons croisé lors de notre long passage à la frontière. Nous décidons alors de tuer le temps ensemble, et de partager les "joies" de cette "charmante" journée... Car bien sûr les péripéties ne s'arrêteront pas là, nous aurons droit à d'autres délicieuses aventures comme notre partie de cartes qui sera troublée par un énergumène du village, bourré ou shooté à on ne sait quoi qui voudra se joindre à nous... Et à qui nous essayerons d'expliquer les règles pendant une bonne demie heure. Ou encore ces quelques kilomètres de marche qu'il nous faudra effectuer avant de pouvoir trouver un distributeur pour Ruth, et pour finir un gros doute d'avant départ pour savoir si nos sacs ont bien été chargés dans la soute du bus...

04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!
04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!

C'est au moins avec la sécurité qu'un des sacs est dans la soute que nous montons dans l'engin, bien heureux que cette journée s'achève enfin et ces histoires avec...

Mais il semblerait que que le gong de fin n'ait pas encore sonné. La surprise du voyage ne sera pas le wifi qui ne marche pas, et même si nous souhaitions pouvoir avancer le blog, nous nous résignons et ne sommes pas étonnés de la supercherie... Non, la blague de ce trajet sera quand Vincent ira se renseigner sur l'heure approximative d'arrivée à San José de Chiquitos et que le chauffeur lui répondra qu'aucun arrêt n'est prévu jusqu'à Santa Cruz!

Il lui faudra alors argumenter et insister sur notre destination finale pour que le chauffeur affirme qu'il s'arrêtera à l'endroit demandé mais il semblerait que la fameuse compagnie de bus ne l'avait pas prévenu!

C'est à 00H30, après un voyage passé aux aguets, que nous serons lâchés à San José, au beau milieu de nul part...

Un dernier saut dans un taxi pour être emmené à l'hôtel que nous avions repéré sur Booking sans même avoir réservé. Il est minuit passé et nous espérons donc qu'avec ce nouveau jour nous serons plus chanceux et qu'il nous sera possible d'avoir une chambre car sinon nous ne savons pas trop à quoi ressemblera notre fin de nuit...

Ouf... Le gardien nous dit qu'il y a de la place.! Enfin, nous allons pouvoir finir notre nuit en dormant sur nos deux oreilles mais avant cela, nous avons bien mérité un petit remontant: une bière sortie tout droit du minibar.

04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!
04/03 - La Bolivie, des débuts difficiles!
Retour à l'accueil